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Edouard Boubat PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 26 Juin 2009 10:06
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Edouard Boubat
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Une analyse de style

Comme presque tous les photographes français de l’immédiat après-guerre, Boubat est considéré comme appartenant au courant « humaniste ».
Label sympathique s’il en est, mais, à mon avis, réducteur le concernant.

Chez lui, pas de pavé mouillé, pas de béret-cigarette-et-baguette-de-pain, pas de lampadaire dans la brume et de bistrot enfumé.

Et pourtant, lui aussi, marqué par les années de guerre, a photographié ses semblables retrouvant la joie de vivre malgré la dureté de l’existence dans un pays dévasté.
Lui aussi a arpenté sans relâche le macadam parisien sans but précis, l’œil en éveil.

Mais son approche de la photographie est différente, moins descriptive, plus proche du ressenti, moins militante, plus personnelle.

Son univers : l’harmonie, la sérénité, l’émerveillement, l’amour, la poésie.
Ses thèmes : sa propre vie, sa ville (Paris), ses voyages, ses rencontres.

A la différence de Doisneau et de Ronis, il ne s’est pas limité à la France et a beaucoup voyagé de par le monde.
Paradoxalement, il a produit beaucoup moins d’images que ces deux confrères.

Il n’est pas un vrai reporter non plus, car il n’a pas cherché à dénoncer les malheurs de la planète.
D’où quelques reproches à son égard : idéalisme, naïveté ou mièvrerie selon le degré de sévérité de certains critiques.

Personnellement, je ne partage pas ces réticences, appréciant la quiétude et l’apparente mais trompeuse simplicité des photos de Boubat.

C’est vrai, il photographie son bonheur, mais pas seulement le sien, celui des autres aussi. Même si c’est un bonheur simple, même si c’est celui des habitants du bout du monde.

Par essence, le bonheur est fugitif.
Boubat ne capture pas des instants décisifs comme un reporter, mais des instants fugitifs. C’est moins spectaculaire, mais c’est plus subtil. C’est en ce sens, qu’on dit parfois qu’il est un poète-photographe.

Se souvenant de cette photo de l‘arbre et la poule qui lui avait tapé dans l’œil, Prévert a voulu en rencontrer l’auteur. Pour lui, il écrit un très beau texte, baptisant son nouvel ami,
« le correspondant de paix ». L’expression est restée.

Certains photographes d’aujourd’hui, comme Sebastiao Salgado, revendiquent l’ influence de l’œuvre de Boubat. Son sens inné du cadrage, de la lumière et de la composition ont fait école.
D’autres comme Bernard Plossu, voyageur intuitif comme lui, reconnaissent une filiation poétique et artistique.

 

S’il n’y avait que 12 photos de Boubat à connaître :

la petite fille aux feuilles mortes-Paris-1946 (Rolleiflex + 75 mm)
Leila-Bretagne-1947
l’arbre et la poule-vers Pau-1950
Première neige au jardin du Luxembourg sous la neige-Paris-1955 (Leica M + 50 mm)
L’homme à l’enfant (Leica)- Portugal-1956
Le dormeur- Portugal-1956 (Leica)
Le viel homme et la mer-Bretagne-1961
Le village – Inde-1964 (Leica + 50 mm)
Neige à Paris-1964 (Leica + 50 mm)
Nu- Paris-1974 (Nikon + 50 mm)
Cerisier en fleurs-Parc de Sceaux-1983 (Leica CL)
Rémi écoutant la mer-1995


Texte : Christophe Noguès


 
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